Almasys Conseil

Conseil et Formation en Stratégie & Développement Durable

Météo couverte pour l’IT

Les entreprises adhèrent de plus en plus à l’idée d’introduire dans leur gouvernance des pratiques responsablesdes éco-gestes et même du reporting éthique envers les parties prenantes. Les écolabels se multiplient pour donner plus de visibilité à la prise en compte de l’impact des facteurs polluants ou énergivores, dont l’emblématique EnergyStar qui apparaissait déjà au démarrage de certains ordinateurs bien avant le Y2K ou plus récemment l’EPEAT, mesurant l’efficacité et la durabilité du produit (et comprenant dans les critères l’écolabel EnergyStar !)

Des pratiques SaaS, PaaS,…..sont arrivées pour rationaliser l’usage et le TCO, puis le Cloud a urbanisé les entreprises dans un esprit de partage et d’économies d’échelle suscitant à la fois beaucoup d’enthousiasme, notamment  en termes de rationalisation des coûts et des investissements, mais aussi quelques interrogations en termes de risques liés à la sécurité, à la violation de confidentialité, aux cyberattaques….

Le Web 3.0 est là, l’économie numérique va dynamiser nos territoires …

Mais tout cela est l’arbre que cache la forêt…. trop de sujets viennent assombrir notre ciel numérique….

L’obsolescence programmée longtemps ignorée par les constructeurs et souvent subie par les utilisateurs est enfin un sujet de discussion que l’on peut aborder, le bilan des DEEE est officiellement reconnu peu satisfaisant et nous sommes en droit de nous poser des questions quant au gisement incontrôlable que nous continuons d’alimenter, l’idée d’éco-conception logicielle commence à peine à faire des adeptes, la réduction de l’empreinte écologique devient une affaire d’image bien plus qu’un choix stratégique, notre sac à dos écologique est de plus en plus lourd…les 3000 terrains de foot virtuels équivalent à la surface occupée par nos datacenters commencent à rendre la partie écologique perdue d’avance !!

J’ai vu des DSI fiers de penser faire un geste pour la planète en affichant le nombre d’impressions en équivalent arbres pour sensibiliser à une « impression responsable » – ce raccourci fait beaucoup sourire la prescriptrice environnementale d’un groupe papetier de renom ! car vous savez bien que la feuille sur laquelle vous allez éventuellement imprimer ce texte est produite avec de la pâte à papier obtenue en théorie de n’importe quel matériau végétal fibreux riche en cellulose !, – ces mêmes DSI poussant leurs collaborateurs (et toute l’entreprise dans leur sillage dogmatique) à moins imprimer et beaucoup plus re-re-retransmettre le document à l’infini, en mettant en copie la terre entière de peur de louper son voisin !! Ces braves DSI ont-il fait leur calcul en termes de CO2 ? Ont-ils réfléchi à l’empreinte globale, écologique, énergétique ? Ces braves DSI mettent-ils autant de zèle à mieux gérer les paquets, que dis-je ? les porte-containeurs, les vraquiers de données inutiles, redondantes, obsolètes qui sillonnent la mer sur laquelle tôt ou tard l’entreprise va s’échouer dans un désastre médiatique parfois, inefficace, énergivore certainement !!

Mais nous ne sommes pas à une hérésie près, la dématérialisation en est un autre exemple, les grandes entreprises n’ont pas limité leurs impressions par souci de l’environnement, bien au contraire, ils sont reporté la charge de l’impression sur l’utilisateur final qui n’a pas toujours les moyens d’acheter du papier FSC ou des imprimantes à encre végétale (et pour cause cela n’existe pas encore pour le grand public), qui ne connaît pas toujours les circuits de valorisation des déchets DEEE, en somme, le bilan par feuille imprimé est bien plus mauvais*….mais l’image de l’entreprise est sauvée…et surtout ses coûts d’affranchissement disparus !

*sortez vos calculettes : une facture imprimée par le fournisseur et expédiée au Client émet globalement 74geq/CO2, lorsque cette facture est dématérialisée (générée par téléchargement par le Client), le bilan est de 20greq/CO2 mais lorsque cette facture est imprimée par le Client qui la reçoit le bilan est de 100greq/CO2 !!!!)

Il fait bien sombre…rien ne sert de passer un coup de peinture verte, elle ne tient pas au moindre click !!

Le secteur de l’IT a connu, depuis les années 80, une croissance soutenue et selon l’INSEE au moins 2 fois supérieure à celle des autres secteurs, espérons simplement que la loi de Moore ne s’applique pas aux traces que notre progrès technologique grave sur notre planète  

P.S. : j’ai passé une heure derrière mon écran….je vais devoir encore compenser …..

Comments are closed.